La mémoire, au prisme du temps : ces mots inspirent le festival de la saison 2016-2017 de l’Opéra de Lyon. Au tournant d’une année, d’une décennie ou d’un siècle, on se rappelle les événements, grands ou petits, qui ont jalonné le temps et laissé des marques ou des traces : des rétrospectives qui font l’histoire.

Au théâtre, à l’opéra, chacun a dans ses souvenirs et à l’esprit la mémoire de spectacles passés – soit qu’on les ait vus, soit qu’on nous les ait racontés, ou encore qu’on les ait découverts avec des médias, certes imparfaits parce qu’ils ne nous donnent pas la respiration et l’émotion collective et partagée du spectacle vivant. Mais ces outils – télé, YouTube, DVD ou autres formats – ont le mérite d’exister ; la « reproductibilité mécanique », qu’évoquait Walter Benjamin, peut être un vecteur de la mémoire.

L’opéra, c’est-à-dire le théâtre, c’est ici et maintenant, c’est aussi ailleurs et autrefois. L’opéra – comme tous les arts de la représentation et contrairement au cinéma – est un
art éphémère et fugace : « Aimer ce que jamais on ne verra deux fois. » On ne le verra plus certes, mais on se souvient, on se le raconte, et certains spectacles sont ainsi devenus des
mythes.

Cette saison, l’Opéra de Lyon veut faire re-vivre pour vous, trois spectacles
qui ont marqué les dernières décennies, trois spectacles conçus par des créateurs aujourd’hui disparus, vivants pourtant : Elektra, mise en scène par Ruth Berghaus en 1986,
Tristan et Isolde par Heiner Müller en 1983, Le Couronnement de Poppée par Klaus Michael Grüber en 1999. Trois spectacles emblématiques de l’école théâtrale allemande de la fin du XXe siècle ; de créateurs qui s’inscrivaient dans la lignée de Brecht ou de Felsenstein, tout en ayant tracé des chemins nouveaux, notamment à Berlin à la Schaubühne ou au Berliner Ensemble. Ces re-créations sont un pari : comment aujourd’hui verrons-nous, au prisme du temps, ces pierres de touche de l’histoire du théâtre et de l’opéra ?

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