Une première inoubliable

[Monique – 1960]

Ma 1ère rencontre avec l’opéra eut lieu en…1960 ! À cette époque, il existait un abonnement scolaire à l’Opéra de Lyon, permettant de voir 3 ou 4 opéras dans l’année.
J’ai donc vu Les Contes d’Hoffman d’Offenbach. Ce fut une révélation ! Une merveilleuse basse (Xavier Depraz) y interprétait les 4 incarnations du démon. Je fus fascinée par sa voix et son charisme… Depuis,je suis restée une passionnée d’opéra,sous toutes ses formes.

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L’Enlèvement au Sérail

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[Madeleine – 2016]

Une représentation inoubliable. J’ai été prise dans un éblouissement lumineux et féérique grâce à la très bonne mise en scène de Wajdi Mouawad. Le décor était sobre et beau ; les costumes étaient resplendissants de couleurs. La basse d’Osmin m’a envoûtée et le chatoiement velouté de la voix de Blonde m’a charmée. La direction du chef italien
Stefano Montanari énergique m’ a dynamisée. Jamais je n’ai vu une représentation de L’Enlévement au Sérail de Mozart aussi parfaite. J’en garderai un souvenir merveilleux rempli d’émotions et de sensations.

Les Troyens

[Michel – 1959]

Mon plus beau souvenir de l’Opéra de Lyon ? Sans aucun doute, le tout premier.
La première fois que j’ai poussé les portes de l’Atrium, à la fin des années 50,j’avais 18 ans, je venais d’arriver à Lyon pour y terminer mes études. Je commençais à aimer l’opéra grâce à quelques spectacles vus à Vichy et à une poignée de disques qui tournaient inlassablement sur mon électrophone. On donnait « Les Troyens » de berlioz – une rareté pour l’époque. J’avais cédé à l’attrait du nom de Régine Crespin, fraîchement auréolée de la gloire conquise sur la Colline wagnérienne. Du programme, que j’ai conservé, j’extrais quelques noms : Edmond Carrière (direction musicale), Louis Erlo (mise en scène), Hélène Bouvier ( Cassandre), Xavier Depraz (Narbal)… Le rideau se lève sur la Prise de Troie. Et je vais d’émerveillement en émerveillement : la noblesse et la poésie de la musique de Berlioz, le classicisme poétique de la mise en scène, l’apparition du cheval figuré par une projection (en ces temps lointains, c’était une innovation hardie ), la majestueuse entrée de Didon au soleil de Carthage, la lumière bleutée qui baignait le duo d’amour, l’opulence de la voix de Crespin dans l’éclat radieux de la trentaine… Et bien sur la mort bouleversante de Didon ! Éblouissement de la découverte – tout un monde s’ouvrait à moi… Mais ceci est une autre histoire.

Peter Pan

atelier_des_costumes_copyright_blandine_soulage_rocca14_opt[Raoul – 1966]

Beaucoup de beaux souvenirs…
C’est à ma première visite que je suis tombé dans le bouillon. C’était il y a une cinquantaine d’années. J’étais alors étudiant et par curiosité je suis allé voir une représentation de Siegfrid de Wagner. Toutes les conditions étaient pourtant réunies pour que cette expérience soit la dernière: debout, au poulailler, il y faisait très chaud, j’ai vu apparaître le héros, rose et dodu comme un jambon, vêtu d’une courte tunique verte semblable à celle de Peter Pan dans le dessin animé de Walt Disney…
Malgré cela, le charme a opéré et j’ai assisté depuis à plusieurs dizaines d’opéras dont beaucoup ont été de magnifiques moments d’émotion.

La voix comme un « pot de crème »

[Jean-Philippe – 1972]

J’avais 16 ans et les opéras de Mozart me barbaient ! Trop pomponnés, trop « marquises » ! Et vint la plus belle des Comtesses Almaviva des Nozze di Figaro de Mozart en janvier 1972. Elle avait un peu plus de 10 ans de plus que moi, elle était brune, elle avait le modeste décolleté d’une jeune fille (et non celui opulent d’une femme), elle portait un adorable ruban noir au ras du cou, elle était belle, elle rayonnait, elle était fougueuse & jalouse, aimée & amante, frivole & passionnée, mutine & sincère… Elle était Rosine l’Espagnole devenue Comtesse de Séville. Et surtout sa voix vous pénétrait l’âme… Tous les superlatifs sont insuffisants à décrire cette voix unique ; un seul, maladroit, résume peut-être son aura, mot emprunté à un chef : « Sa voix était comme un pot de crème ! »… J’en tombais irrémédiablement amoureux (ainsi que des opéras de Mozart). Je cassais ma tirelire pour écouter ses autres représentations : c’était KIRI TE KANAWA pour ses débuts « in loco »…
Si vous voulez d’autres souvenirs, je débute cette année, ma 50° saison à l’Opéra de Lyon : je peux vous écrire un livre !

Une inoubliable transposition audacieuse de Fidelio !

operafidelio45-copyrightstofleth[Jean Michel – 2013]

Quand nous sommes arrivés de Bruxelles dans la salle ce vendredi 5 avril 2013 pour la représentation de Fidelio, des voisins que nous ne connaissions pas nous ont immédiatement fait part de leurs inquiétudes parce que lors des quelques représentations précédentes des spectateurs avaient franchement désapprouvé le spectacle en huant et même en quittant la représentation avant la fin!

Quant à nous, nous avons étés subjugués dès les premières minutes de la longue introduction musicale, non seulement par la direction de Kazushi Ono que nous connaissions bien depuis plusieurs années comme chef du Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles, mais aussi et surtout à cause de cette audacieuse transposition de l’argument dans un vaisseau spatial fuyant une Terre devenue inhabitable. Nous n’avons vraiment compris ce long défilement de structures tubulaires durant l’introduction que dans le deuxième acte, au moment de la descente dans les entrailles de ce vaisseau pour retrouver le cachot de Florestan, une superbe illustration de la cohésion de la mise en scène.

Gary Hill a réalisé une transposition superbe de bout en bout, dont les vidéos collaient en permanence à l’histoire et à la musique, sans pour autant déranger l’écoute de l’orchestre et des chanteurs; je me souviens en particulier de la marche des soldats parfaitement synchronisée à la musique de Kazushi Ono.

Nous avons été bouche bée durant tout le spectacle que nous n’oublierons pas de si tôt. Dommage que cette mise en scène n’ait pas été reprise depuis lors ni proposée en DVD.

Nous sommes ensuite revenus souvent à Lyon pour être à chaque fois éblouis par la qualité et l’originalité des productions. Un grand merci à Serge Dorny et à toute l’équipe.

Début d’une passion qui dure

[Gilles – 1977]

Mes meilleurs souvenirs à l’Opéra de Lyon coïncident avec ma découverte de l’opéra. Celle-ci a débuté avec Carmen en 1977 avec Viorica Cortéz suivi de Rigoletto. Forte émotion , éblouissement, et début d’une passion.

Et puis ce fut la période avec la belle Colette Alliot-Lugaz, soprano que j’ai adorée tant par sa voix merveilleuse que par son jeu d’actrice. J’ai encore en tête ses rôles : la charmeuse Zerlina, l’espiègle Cherubino, Rosina et Cenerentola, Adina dans l’Elisir d’amore, Anchen accompagnée de Michèle Lagrange, Fortunio vue aux Célestins, la joyeuse Sophie de Werther aux cotés du prodigieux Alain Vanzo , la muse Nicklausse avec José Van Dam , et bien sûr Lazuli de L’etoile de Chabrier avec Gabriel Bacquier , suivi de Fragoletto (donné à St Etienne). Enfin dernier souvenir lié à Colette Alliot-Lugaz : sa belle et fragile Mélisande inoubliable que je suis allé revoir le lendemain debout au dernier balcon.

Ce dernier balcon auquel je suis toujours fidèle même si parfois le fond du décor n’est pas visible. Mais on entend tellement bien les voix !

Autres souvenirs liés à des chanteurs : Gabriel Bacquier, José Van Dam (vaisseau fantôme, Contes d’Hoffmann, Salomé), Martine Dupuy (Adalgisa), Barbara Hendricks (Don Pasquale avec Bacquier), Sumi Jo (Tosca), Rosalind Plowright dans Médée, Roberto Alagna, Laurent Naouri et le feu d’artifice de l’actrice-chanteuse de Natalie Dessay (dans l’époustouflant Orphée aux enfers entre autres mais aussi Olympia et Antonia, la reine de la nuit et Lucia).

Souvenirs de spectacles marquants dans leur globalité (chanteurs, mise en scène) : la tétralogie de 1980 et tous les Wagner qui ont suivi (il ne manque que les maitres chanteurs jamais vu à Lyon), Obéron en 1985, Salomé avec Karen Huffstodt et Rita Gorr, Dialogues des carmélites (Rita Gorr puis récemment Sylvie Brunet) , les festivals Puccini, Britten, Tchaïkovsky, Janacek (spectacles très fort), les Offenbach de Noël (Ah bravo Laurent Pelly), les créations telles que Claude avec J S Bou.
Le dernier spectacle marquant a été Lady Macbeth de Mtsensk par Tcherniakov.
Merci pour tous ces beaux moments.

Bienvenue dans la boîte à souvenirs

opera-de-lyon_exterieur-nuit_copyright-franchella-stofleth_optPour son Festival « Mémoire », l’Opéra de Lyon dévoile trois œuvres marquantes de l’histoire de l’opéra : Tristan et Isolde, Le Couronnement de Poppée et Elektra.

À cette occasion, l’Institution lyonnaise vous invite à replonger dans vos souvenirs et à partager un moment unique vécu dans notre maison.
Que vous soyez simple visiteur ou spectateur averti toutes vos contributions nous intéressent, pour reconstituer ensemble la boîte à souvenirs de l’Opéra de Lyon !

Ce site rassemble tous les témoignages reçus et constitue ainsi la boîte à souvenirs de l’Opéra de Lyon.

Vous souhaitez participer ?
Rendez-vous ici, et transmettez votre témoignage via le formulaire prévu.

Chanter couché

[Béatrix – 1964]

Chez nous, on n’était pas très « opéra ». Plutôt musique concrète. Mes parents nous emmenaient en famille écouter les concerts de Schoenberg, Weber, Boulez… salle Molière, quai de Bondy.
Par soucis d’ouverture aux autres arts, un après-midi, ma mère me fit découvrir l’Opéra de Lyon. Nous y sommes allées écouter Madame Butterfly de Puccini. Je me souviens de la lumière, des décors. Mais surtout, nous attendions le moment exceptionnel où l’artiste devait chanter couchée, allongée. « Sur la mer calméeeee… » que je chantai à tue tête pendant des années…restera à jamais gravé dans ma mémoire. Un souvenir partagé et complice avec ma mère. Ce fut ma seule expérience « opéra »de ma jeunesse. J’ai du attendre longtemps avant « d’entendre » Mozart et Don Giovanni chanté par un amoureux : nouvelle expérience…